A partir de quel salaire est-on riche ? La réponse des Français

La crise a profondément modifié le regard sur la richesse, révèle un sondage Odoxa pour «Les Echos», Radio Classique et FTI Consulting.

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C’était une impression. A la lecture du sondage réalisé par Odoxa pour « Les Echos », Radio Classique et FTI Consulting, c’est désormais une certitude : la crise a profondément modifié le regard des Français sur la richesse et la perception qu’ils ont de leur situation financière. Les résultats de cette enquête exclusive sont très éclairants. Les sondés ont tout d’abord nettement revu à la baisse les seuils au-dessus desquels « on peut considérer qu’une personne est riche ». En 2011, les niveaux médians de revenus et de patrimoine se situaient respectivement à 6.000 euros et 1 million d’euros. Ils ne sont plus aujourd’hui que de 5.000 euros et 500.000 euros ! Soit peu ou prou leur étiage de 2006.

Un sévère repli qui s’explique en partie par la décrue du marché immobilier ces dernières années. Elle a « contribué à ancrer l’idée que les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel », explique Gaël Sliman, président d’Odoxa. Mais la crise, avec la stagnation du pouvoir d’achat et l’envolée du chômage, est aussi passée par là.

Sentiment de déclassement et de défiance

La barre des 5.000 euros peut paraître relativement faible. Mais elle correspond à la réalité statistique : seuls 5 % des Français gagnent plus de 4.300 euros net par mois. Le seuil de la « richesse » varie en fait selon les revenus des personnes sondées : pour le Français, « le riche est celui qui gagne en gros deux à trois fois plus que lui », pointe Gaël Sliman.

VIDEO L’analyse de Gaël Sliman, président d’Odoxa

Plus symptomatique encore des effets de la crise sur le moral des ménages, mais aussi des difficultés dans lesquelles se débattent nombre de familles, plus d’un Français sur deux (54 %) pense désormais que sa « situation sociale » est « moins bonne » que celle de ses parents au même âge, selon l’enquête Odoxa. En 2002, dans un sondage BVA pour « Enjeux-Les Echos », ce ratio n’était que de 17 % ! Ce violent décrochage est, pour Gaël Sliman, « un nouveau signe du sentiment de déclassement et de défiance dans l’avenir de nos concitoyens ». Il est sans surprise inversement proportionnel au niveau de revenus.

Relation compliquée à l’argent

Ce qui n’a pas changé, en revanche, depuis la crise, c’est la relation toujours compliquée des Français à l’argent. « Nos concitoyens portent un regard paradoxal sinon schizophrénique sur la richesse », souligne Gaël Sliman : près de huit sondés sur dix (78 %) pensent qu’ « être riche est mal perçu » tout en étant trois sur quatre (72 %) à juger que « c’est une bonne chose de vouloir » le devenir. Autre contradiction : les trois-quarts des personnes interrogées (75 %) pensent que le niveau de la fiscalité est un « facteur déterminant » de départ des Français pour l’étranger, mais les deux-tiers (64 %) se disent dans le même temps opposés à la suppression de l’ISF, un impôt qui contribue particulièrement à ce mouvement !

POUR EN SAVOIR PLUS :

DOCUMENT L’intégralité des résultats du sondage

 

Source: Les Echos – STÉPHANE DUPONT

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